L’Assemblée nationale rejette l’accord UE-Mercosur à la quasi-unanimité

Les révélations sur Lactalis et les retards climatiques ravivent les fractures sociales et européennes

Michel-Ande Gesmond

L'essentiel

  • L’Assemblée nationale rejette l’accord UE-Mercosur à la quasi-unanimité
  • Le débat sur les 48 heures hebdomadaires dans l’armement divise les eurodéputés
  • L’incendie de Wang Fuk Court à Hongkong fait au moins 44 morts

Sur r/france aujourd’hui, la fresque nationale hésite: elle promet l’équité et débouche sur l’âpreté, elle magnifie le débat pour le laisser s’effriter dans la poussière. L’ange parle de dignité, le démon réclame rendement; et nous oscillons, pris entre le murmure du bien commun et le vacarme des intérêts privés.

Travail, concurrence et vertige européen

Quand des salariés tentent de recoudre la justice sociale, le pays découvre l’ampleur d’un soupçon: le géant Lactalis aurait soustrait des primes de participation en dissimulant ses profits, et le cœur se serre, autant que la mâchoire. Dans le même souffle, à Strasbourg, la frénésie industrielle veut déroger aux limites du temps: l’instant où Marc Botenga bouscule Raphaël Glucksmann sur les 48 heures hebdomadaires dans l’armement montre un continent prompt à tordre son droit; et sur les rails, un rapport rappelle que la concurrence n’est pas une panacée, mais une brèche.

"Comment ça ? Introduire de nouveaux acteurs dont le seul et unique but est d'extraire un profit pourrait poser des problèmes ?" - u/Fun-Criticism2017 (168 points)
"Dans mon bled, une asso a dû passer par la justice pour que Lactalis partage sa consommation d'eau. Alors que c'est obligatoire en cas de demande. Bref, Lactalis, c'est comme Nestlé." - u/Scared-Conclusion602 (362 points)

Dans l’hémicycle, l’âme souveraine se cabre et applaudit: l’Assemblée se dresse contre l’accord UE-Mercosur, comme si elle retrouvait le fil d’une volonté politique parfois perdue. Mais à Bruxelles, la forêt flambe dans les interstices du calendrier: une majorité repousse, retarde, rétrécit, et la régulation anti-déforestation glisse de mois en mois; espoir d’un cadre, désillusion d’une mise en œuvre — l’Europe promet de protéger, puis lâche la corde.

Guerre des récits et scènes en apnée

La télévision privée convoque ses spectres et choisit ses obsessions: quand un ancien journaliste raconte que CNews orientait sa ligne vers “muslim, muslim, muslim” en pleine présidentielle, on comprend qu’il ne s’agit plus de décrire le monde, mais de le façonner au scalpel. La dramaturgie médiatique n’éclaire plus, elle incendie; elle promet le discernement, elle fabrique la peur.

"Je n’en reviens toujours pas que, dans un pays comme le nôtre, cette chaîne turbo raciste ne se soit pas déjà fait fermer depuis des lustres. Ça en dit long sur nous et notre époque." - u/AttilaLeChinchilla (510 points)

Au Dôme de Paris, le théâtre des tribuns s’organise tandis que les médias Bolloré exhibent leur “guerre de civilisations”; une partie du pouvoir s’y montre, impassible, et le vernis républicain se craquelle. Et pendant que les plateaux crient, la culture manque d’air: l’annonce que le festival d’Angoulême est mis à l’arrêt révèle une scène fragilisée par des logiques de rente; l’art voudrait rassembler, l’organisation le disperse.

Géopolitique à vif, tragédies en feu

Les mots tracent des frontières plus vite que les chars: la polémique enfle quand un élu affirme que “Taïwan est chinoise”; un tweet prétend au réalisme géopolitique, et c’est le principe de liberté qui blêmit. On se prend à rêver d’apaisement, et c’est l’invective qui revient, infatigable.

"Un cauchemar. Ce n'est pas pour rien que les représentations de l'enfer les plus usuelles tournent autour des flammes." - u/France-soir (43 points)

Pendant ce temps, la réalité brûle: l’horreur s’abat sur Hongkong et le bilan de l’incendie de Wang Fuk Court se compte en morts, en disparus, en silences. Ici, la géopolitique est un brasier, là, le quotidien est cendre; l’ange voudrait consoler, le démon nous rappelle que nous regardons trop souvent ailleurs.

Entre l'ombre et la lumière, je cherche encore la vérité. - Michel-Ande Gesmond

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Sources