Sur r/france aujourd’hui, on observe un pays ballotté entre règles communes, bricolages nationaux et propagande bien huilée. Le droit tente de maintenir la cohérence, la politique tourne à vide, et le marché technologique impose sa loi avec une indifférence glaciale.
Institutions : quand le droit corrige, la politique traîne et les sondages déraillent
Il aura fallu la rigueur de l’Union pour imposer un minimum de civilité : l’obligation européenne de reconnaître les mariages homosexuels conclus ailleurs dans l’Union, portée par la Cour de justice, fait ce que les États grinçants refusent de faire eux-mêmes, comme on le voit dans la discussion sur la reconnaissance entre États membres. Pendant ce temps, notre Sénat se félicite d’un progrès social qu’il retarde lui-même, en repoussant le nouveau congé de naissance à 2027, comme le détaille l’approbation tardive du congé supplémentaire. Le droit avance, la politique temporise, et les familles attendent.
"Je ne comprends pas pourquoi la date d'application semble être le sujet de tous les débats sur cette loi. Si tout le monde est d'accord sur le changement, pourquoi le retarder ? Quels sont les arguments concrets ?" - u/dynamic-entropy (84 points)
Dans le vacarme ambiant, les sondages servent d’armes plus que d’outils. On le voit avec les polémiques autour du sondage Ifop sur l’islam, et, simultanément, avec le refus des présidents d’université de relayer un questionnaire sur l’antisémitisme truffé de problèmes de conception et de protection des données. Quand l’État se met à sonder l’âme des citoyens au pas de charge, ce n’est plus la neutralité qu’il défend, c’est sa facilité à alimenter la machine à indignations.
Populismes, propagandes et châtiments : la façade s’effrite
À l’international, la démocratie brésilienne rappelle que la loi n’est pas un décor : Jair Bolsonaro va bien purger 27 ans de prison. Chez nous, on préfère la cosmétique politique : la manière dont Bardella a « formé » son image aux frais du Parlement européen raconte une chose simple — l’habit médiatique coûte cher, surtout quand on le finance sur fonds publics.
"Quel cancer le RN. Et la droite de gouvernement qui se jette dedans à corps perdu..." - u/word_clock (103 points)
La propagande n’a pas de pudeur et les algorithmes n’ont pas d’état d’âme : la campagne publicitaire autour du livre de Bardella montre une régie qui vend tout à tout le monde, pendant que la satire colle au réel avec le “grand plan” LR pour restaurer des prisons au bénéfice d’un ex-président. Au milieu de ces numéros de prestidigitation, la sanction des apprentis autocrates rappelle à chacun que l’impunité n’est pas un droit naturel.
"Bonne nouvelle ! Le Brésil fait mieux que la France sur ce coup-ci !" - u/Kannagichan (210 points)
Mémoire politique et marché technologique : l’absurde indexé
La mémoire est parfois un miroir cruel : un pays qui recycle les mêmes figures finit par s’y habituer. Le regard en noir et blanc du passé ressurgit avec le poster de campagne de Gérard Larcher en 1983, rappel cinglant d’une carrière devenue symbole d’un establishment qui se prétend éternel — hier vétérinaire, aujourd’hui baron sénatorial vissé au fauteuil.
"Vivement que la bulle IA explose enfin pour que le prix des composants redevienne abordable..." - u/PatienceIcy4863 (241 points)
Au même moment, l’économie des composants dicte ses caprices : la flambée du prix de la mémoire vive rend rationnel l’irrationnel, l’absurde devient la norme et le consommateur finance l’obsession des calculs massifs des centres de données. Quand l’idéologie sature nos écrans et que le silicium facture notre crédulité, la boucle est bouclée : même l’absurde a un tarif.