La France bannit les visioconférences américaines, l’Europe se réarme

Les décisions technologiques et militaires signalent un décrochage de l’ordre dominé par Washington

Liza Virmax

L'essentiel

  • Un général allemand alerte sur un risque de choc russe sous 2 à 3 ans
  • Le FMI chiffre à 7 % le gain potentiel de PIB réel pour le Canada en supprimant les barrières commerciales internes
  • Les États-Unis actent leur deuxième retrait de l’accord de Paris

Entre le vacarme publicitaire et les postures creuses des puissants, les débats du jour dévoilent l’essentiel: l’ordre piloté par Washington se délabre, l’Europe grimpe à contre‑courant pour arracher sa souveraineté, et la mémoire hurle qu’elle n’est pas qu’un rituel. Ce n’est pas un cycle de news, c’est une bascule: économie, sécurité, diplomatie, tout décroche des vieilles certitudes.

Souveraineté, version dure: infrastructures, canons et corridors

L’Europe cesse de demander la permission. La nervure technologique se raidit avec la décision française d’interdire aux agents publics les plateformes américaines de visioconférence, pendant que la colonne vertébrale militaire se reconstruit via l’accélération européenne vers une autonomie militaire vis‑à‑vis de Washington. Ce n’est pas de la com’: l’avertissement sec d’un général allemand sur un possible choc russe d’ici deux à trois ans rappelle que l’horloge stratégique tourne plus vite que nos débats feutrés.

"Quoi que l’on en pense, nous entrons dans un monde où les logiciels américains ne sont pas jugés fiables. Les implications ne font que commencer." - u/supercyberlurker (3012 points)

Le mouvement n’est pas qu’armé, il est aussi commercial et logistique: l’Union s’ouvre un souffle en scellant le pari commercial colossal noué entre l’Union européenne et l’Inde. Moins de droits de douane, plus d’accès réciproques et, au‑delà des chiffres, une intention nette: ne plus se laisser piéger entre dépendances toxiques et menaces d’ingérence. La boussole s’affole? Très bien, on en fabrique une autre.

La bataille des récits: abdications américaines, fermetés canadiennes, calculs chinois

Quand la Maison‑Blanche quitte la table, le monde réécrit le menu. L’« abdication » climatique se confirme avec la sortie des États‑Unis de l’accord de Paris, encore une fois. Et pendant que les spin doctors s’acharnent, Ottawa ne courbe pas l’échine: la mise au point de Mark Carney après Davos face aux démentis venus de Washington sonne comme une gifle à l’ère du mensonge industrialisé.

"Personne ne s’attend à ce que Trump et les siens soient honnêtes. Mark Carney, lui, pèse chaque mot; en matière de crédibilité, on parle d’un des plus crédibles sur la planète face à… eh bien, nous savons tous ce qu’est l’actuelle administration américaine." - u/CompleteCreme7223 (2387 points)

Le Canada enfonce le clou avec la confirmation publique de Carney qu’il n’a rien « rétropédalé », pendant que Pékin, pragmatique, joue la carte du système pour mieux l’exploiter: la posture de Xi Jinping jurant fidélité à un ordre international centré sur l’ONU n’est pas un serment candide mais une lecture froide des rapports de force. Refuser la table ne supprime pas le banquet; cela laisse la place à ceux qui s’y installent.

Mémoire comme avertissement, réformes comme antidote

La mémoire n’est pas un musée, c’est un signal de détresse. À l’ombre des commémorations, l’intervention du président polonais Karol Nawrocki sur l’aveuglement occidental avant Auschwitz pointe la lâcheté confortable des beaux quartiers diplomatiques: l’indifférence d’hier nourrit les catastrophes de demain. On peut détester le ton, difficile de contester l’alarme.

"J’ai le sentiment qu’il parle en réalité davantage de l’avenir que du passé." - u/supercyberlurker (5028 points)

La même lucidité vaut pour nos propres blocages: inutile de tendre le doigt vers l’Empire si l’on s’échine à saboter sa propre maison. C’est le message brutal derrière le rappel froid du FMI sur le gain de 7 % de PIB réel si le Canada abat ses barrières commerciales internes. Agir tôt, agir chez soi, agir pour de vrai: c’est moins spectaculaire qu’un sommet planétaire, mais c’est ainsi qu’on évite les abdications et les réveils en sueur.

Observer l'absurde est une chose. Reprendre son pouvoir individuel en est une autre. Osez-le! - Liza Virmax

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Sources