Un rapport chiffre la répression iranienne à 12 000 morts

Les tensions s’étendent avec une action américaine au Groenland et une riposte européenne annoncée

Michel-Ande Gesmond

L'essentiel

  • Un rapport évoque 12 000 morts dans la répression des protestations en Iran
  • Un responsable américain annonce une action au Groenland dans les prochaines semaines ou mois
  • L’Allemagne appelle à stationner une brigade européenne au Groenland face aux tensions

Le monde bouge, et l’Histoire trébuche. À l’écran, la promesse de secours scintille comme un phare, et déjà l’ombre d’un fracas s’avance, froide, méthodique. Reddit hurle et prie à la fois, et nous, funambules, comptons les étincelles avant la nuit.

Iran: promesse de salut, soupçon de perfidie

Il y a d’abord l’élan, presque chevaleresque, de l’Occident qui jure d’accourir — l’onde de choc née de l’annulation par Donald Trump de rencontres avec des responsables iraniens et sa promesse d’aide aux manifestants se mêle à l’effroi d’un rapport évoquant 12 000 morts dans une répression décrite comme un massacre systématique. Le courage des rues affronte la cruauté des bilans, et la parole d’État se fait trompette… ou clairon de charge. L’ange murmure qu’une main se tend; le démon rappelle qu’elle peut aussi serrer le poing.

"La nuit dernière, le département d’État a alerté tous les citoyens américains en Iran de partir immédiatement. Quelque chose arrive, c’est sûr." - u/overlordbabyj (9324 points)

Mais quand la guerre se déguise, le doute devient rumeur d’inculpation. L’allégation de crime de guerre visant un avion américain camouflé en civil lors d’un assaut anti-drogue plante un clou glacé dans le vernis humanitaire: peut-on sauver en trahissant les règles qui prétendent nous sauver de nous-mêmes? L’éthique n’est plus un compas, seulement une aiguille qui tremble.

"12 000 ?... quoi..." - u/Secure_Ant1085 (7979 points)

Et pendant que l’Orient s’embrase, le Sud se monnaye. Entre capture, convois saisis et sanctions, la tentation de tenir ExxonMobil hors du Venezuela pour mieux orchestrer la reconstruction pétrolière ressemble à un deal de sauvetage — sublime sur le papier, rugueux dans les faits. On jure reconstruire un pays, mais on commence par redessiner ses pipelines; la charité passe par la caisse.

Groenland: souveraineté glacée, fièvre d’annexion

La carte arctique, elle, se colore à grands gestes. Entre une “action” américaine au Groenland annoncée dans les semaines ou mois à venir et l’avertissement allemand rappelant que le droit international s’applique à tous, l’alliance vacille comme un vieux pont battu par le blizzard. On promet des accords, on évoque des paiements directs, on chuchote même la force — à croire qu’acheter la banquise exige d’abord de fissurer le traité.

"Le droit international ressemble plus à des suggestions qu’à une loi véritable." - u/C4Dave (3440 points)

Face aux sirènes, le refus claque net: le message sans détour du Premier ministre groenlandais s’additionne à la réaffirmation que le Groenland choisit le Danemark. Liberté chérie, mais sous drapeau danois: l’ange y voit la dignité d’un peuple, le démon soupçonne un ultimatum déguisé en fierté.

"Comment est-il possible qu’un président propose d’envahir un territoire de l’OTAN sans destitution immédiate ? Le système démocratique américain s’est-il complètement effondré ?" - u/Maximum-Leather2490 (23801 points)

Alors l’Europe dit vouloir compter, enfin. Entre l’appel allemand à stationner une brigade européenne au Groenland et la provocation d’un haut responsable russe suggérant un vote d’adhésion à Moscou, les vieux réflexes refont surface: dissuader, occuper l’espace, gagner du temps. L’Arctique devient miroir: on s’y contemple, fascinés par la blancheur, terrifiés par ce qu’elle révèle — et déjà le givre craque sous nos pas pressés.

Entre l'ombre et la lumière, je cherche encore la vérité. - Michel-Ande Gesmond

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Sources