Cette semaine sur r/france, la brutalité politique s’est donnée en spectacle pendant que l’économie protège ses privilégiés et que la moraline médiatique boursoufle les peurs au lieu de les éclairer. Sous les projecteurs, les mêmes vieux ressorts: diaboliser, instrumentaliser, détourner, puis s’indigner de l’incendie qu’on a soi-même allumé. Le forum en a tiré des fils vertigineux, que les chaînes de l’info de soumission n’oseront jamais relier.
Diabolisation, respectabilité et désinformation
Après la mort de Quentin, la mise en garde de Dominique de Villepin contre la diabolisation de LFI, qui ouvre un corridor de respectabilité au RN, a percuté les débats comme un rappel historique que beaucoup refusent d’entendre, à travers la discussion sur sa prise de position. Pendant ce temps, l’extrême droite peaufine sa mise en scène: on l’a vu avec les consignes d’une boutique nationaliste pour une marche « digne », manuels de respectabilité en noir et blanc pour gommer les symboles qui dérangent. Et quand la dramaturgie déborde, elle écrase des vies: les accusations diffamatoires visant une étudiante en Erasmus, relayées par un influenceur, prouvent une fois de plus que le mensonge viral est l’arme préférée des pyromanes politiques.
"Villepin a raison. J'aime pas trop LFI, mais bon de là à les faire passer pour une menace existentielle... C'est la version moderne de « mieux vaut Hitler que le Front Populaire » en somme." - u/Ing3xpat (289 points)
"Sur 53 morts liés à des violences idéologiques en France ces 40 dernières années, 48 sont imputables à l'extrême-droite, 5 à des militants de gauche. Parmi les 12 tués par l'extrême-droite depuis 2022, seule une victime a eu droit à une minute de silence." - u/Eraritjaritjaka (569 points)
Dans ce théâtre, l’arbitre médiatique fausse même l’arithmétique: la infographie télévisuelle à 113 % pour « le danger pour la démocratie » n’est qu’un symptôme d’un cadrage qui manipule les perceptions plus qu’il n’informe. Et au moment où l’on réécrit l’histoire pour coller des étiquettes à géométrie variable, la photo d’un « groupe de terroristes antifascistes » qui rappelle les résistants renvoie les falsificateurs à leur vide: l’antifascisme n’a jamais été un crime, c’est l’ultime garde-fou.
Richesse protégée, panique morale et impunité
Ni honte ni scrupules: un document de Bercy confirmant que plus de 13 000 foyers millionnaires ne paient pas l’impôt sur le revenu expose la réalité d’un système qui sait choyer le patrimoine quand il prétend ne défendre que le mérite. On nous explique paisiblement qu’il s’agit de « revenus modestes » avec immobilier en orbite, pendant que l’optimisation et l’évitement prospèrent: la classe possédante traverse la tempête sans se mouiller, et ce pays feint de ne pas voir la digue qui cède.
"Que les 1% les plus riches ne paient pas d’impôts sur le revenu en France ? Les bras m’en tombent ! Moi qui pensais qu’on vivait dans un enfer communiste..." - u/MiserableMonitor6640 (692 points)
"Ce gouvernement n'est plus à un crime contre l'humanité près." - u/Melokhy (576 points)
Dans la vitrine, la marchandise est claire et assumée: le rayon de librairie saturé de visages de la droite dure chez Cultura déroule la playlist des hérauts d’un ordre identitaire qui vend bien. À côté, la morale de substitution amuse la galerie: cette satire sur la prétendue corrélation entre jeux vidéo et violence ridiculise l’éternel bouc émissaire qui détourne du réel. Et pendant que l’on ergote sur Mario Kart, les faits s’acharnent: les révélations sur des pulvérisations d’herbicides par Israël au Liban, en Syrie et en Palestine racontent une violence d’État qui rend les terres incultivables — l’ultime manière de punir la vie elle-même.