L’Arcom bloque 35 sites russes, l’IA remplace des journalistes

Les 129 journalistes tués et la censure nourrissent une crise de confiance

Michel-Ande Gesmond

L'essentiel

  • L’Arcom ordonne le blocage de 35 sites de médias russes
  • 129 journalistes ont été tués en 2025, aggravant la crise de l’information
  • Un réfugié aveugle est abandonné à 8 kilomètres pendant 5 jours par l’agence américaine de l’immigration

Le jour s’ouvrait sur une promesse de clarté, il s’est refermé sur un brouillard moral. La communauté oscille entre la volonté de comprendre et l’envie de hurler, entre l’addition froide des faits et la chaleur étouffante des indignations. Au milieu, nous, funambules, avançons.

Guerres visibles, morts invisibles

Le fil rouge est rouge sang : la violence d’État se cartographie, se comptabilise, puis s’oublie. La montée en une du graphique rageur sur les frappes américaines du XXIe siècle se superpose au constat glaçant sur les 129 journalistes tués en 2025 : les présidents se succèdent, les bilans s’empilent, l’empathie se délite. On voudrait de la nuance, on récolte des stèles.

"Quelle idée aussi de se mettre sur la trajectoire d’une frappe chirurgicale..." - u/Thelk641 (104 points)

Et quand la violence quitte le théâtre lointain pour mourir au coin de la rue, la honte devient intime. Le récit du drame d’un réfugié aveugle abandonné par l’ICE aux abords de Buffalo nous pend au cœur : huit kilomètres comme un désert moral, cinq jours comme une éternité bureaucratique. La civilisation se proclame par grandes conférences, elle trébuche dans un fossé glacé.

"Que les agressions des États-Unis et d’Israël au Moyen-Orient ne nous fassent pas oublier les horreurs commises par la gestapo de Trump..." - u/Folivao (258 points)

Informer, contrôler, automatiser: la bataille des récits

La vérité voudrait respirer, elle se retrouve encadrée. Entre l’ordre de blocage de 35 sites russes par l’Arcom, au nom de la lutte contre la propagande, et la substitution des journalistes par l’IA au sein du groupe Bolloré, au nom de l’efficacité, on se surprend à chercher l’oxygène. La censure se pare de vertus, l’automatisation d’innocence, et la confiance du public se réduit à une peau de chagrin.

"Ce qui est clair avec cette affaire c’est que sans média d’investigation de gauche un peu sérieux, nos médias d’information se seraient contentés de la version de Némésis..." - u/gnocchiGuili (77 points)

Quand le réel se brouille, l’enquête devient acte de résistance, et le soupçon, une arme fatiguée. C’est tout le sens de l’enquête vidéo sur le néofascisme lyonnais face à la paresse des récits pré-écrits, comme de une discussion tendue sur les propos de Jean‑Luc Mélenchon au sujet d’« Epstein », où la forme étouffe le fond et l’éthique se perd dans les sables mouvants de la polémique. On voudrait la lumière, on se contente d’un interrupteur cassé.

"Il n’y a plus qu’à remplacer les lecteurs par des IA et on est bon..." - u/IntelArtiGen (181 points)

Sécurité, alliances et fractures politiques

La peur dessine l’Europe au fusain gras. Tandis que le débat sur l’européanisation du parapluie nucléaire refait surface, entre lucidité stratégique et effroi existentiel, nos certitudes se fissurent : défendre sans se renier, dissuader sans se perdre. Espérer un abri commun, redouter une solitude partagée.

Dans l’ombre portée de ces angoisses, la politique municipale révèle ses lignes de fracture. D’un côté, le retrait de l’investiture RN à Dunkerque sonne comme une morale opportuniste ; de l’autre, la déclaration de Carole Delga sur le « déshonneur » d’une alliance avec LFI affiche une vertu qui hésite déjà devant le barrage républicain. La République cherche sa boussole, et la boussole cherche le nord dans un ciel sans étoiles.

Entre l'ombre et la lumière, je cherche encore la vérité. - Michel-Ande Gesmond

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Sources