Sur r/france aujourd’hui, les masques tombent: la brutalité politique américaine n’est plus une dystopie lointaine, et l’Hexagone flirte dangereusement avec sa propre tentation autoritaire. Pendant que la souveraineté économique se joue à coups de chantage et de rapatriements, les algorithmes sèment une intoxication tranquille qui achève le discernement collectif.
Fascisme à ciel ouvert et tentation de la rafle
Le fil qui incendie la communauté expose le récit glaçant de la terreur à Minneapolis, où la force fédérale écrase la police locale et abat un infirmier sous les caméras, pendant qu’une autre discussion assume enfin le mot tabou avec une tribune qui dit sans détour: oui, c’est du fascisme. Le dénominateur commun est limpide: la politique qui sacralise la force, détruit les normes et animalise l’adversaire n’a plus besoin de masque, elle s’affiche.
"Une exécution. Dix balles tirées sur une personne à terre, dans la nuque et la tête, à bout portant." - u/igomarsound (226 points)
Face à l’emballement, l’appel de Barack Obama à un sursaut sonne comme un SOS institutionnel, pendant qu’en France, la banalisation médiatique atteint un palier obscène: sur un plateau, Arno Klarsfeld réclame des rafles contre les OQTF «pour le bien de l’État». Et r/france rappelle l’évidence, on ferait mieux de s’occuper de nous, car une présidence absolue dans la Ve, adossée à des chambres dociles, n’a que trop d’exemples de répression à portée.
"On dirait bien que finalement on n’a rien appris de notre histoire." - u/Gougou06 (478 points)
Souveraineté économique: chantage, deals et relocalisations
D’un côté, les menaces de Donald Trump pour faire plier l’industrie pharmaceutique européenne révèlent une stratégie de prédation: aligner les prix américains avec les plus bas européens en apparence, pousser en réalité à la hausse ici, et verrouiller l’accès au marché par la peur. De l’autre, une brèche commerciale s’ouvre avec l’Inde prête à réduire les droits de douane sur les voitures européennes, signe d’un réalignement pragmatique où l’automobile redevient levier géopolitique autant qu’industriel.
"Eh, s'ils ne le vendent pas chez nous, ça veut dire qu'on peut copier sans rien leur payer ?" - u/d4vavry (223 points)
Au niveau des chaînes de valeur, l’Europe cesse de jouer à cache-cache avec Boeing: Airbus rapatrie la fabrication des supports moteurs de l’A220 à Toulouse pour ne plus dépendre des humeurs d’une usine concurrente. Et au Proche-Orient, la recomposition se poursuit: Bagdad lorgne quatorze Rafale F4 pour rationaliser son parc et muscler sa défense, preuve que l’équilibre aérien se joue désormais à coups de capteurs, de data et de souveraineté d’approvisionnement.
Algorithmes toxiques et blanchiment de la bêtise
Comme si le brouillard politique ne suffisait pas, la machine à produire du faux avance masquée: l’alerte sur la contamination de ChatGPT par Grokipédia décrit une encyclopédie générée qui sert de cheval de Troie, blanchit des récits biaisés et ridiculise les garde-fous. À force de nourrir les outils avec des contenus toxiques, on finit par appeler «source» ce qui n’est qu’un bruit utile aux puissants.
"Ahaha, cet ouroboros de foutaises, j’adore ! Dans dix ans, si Wikipédia n’existe plus, tout sera écrit par des machines à foutaises." - u/BeatKitano (490 points)
Le pire? Ces modèles répondent avec aplomb, donc on les croit; et c’est là que le ver est dans le fruit. Qui contrôle la source contrôle l’opinion: un vieux principe, désormais accéléré par des algorithmes qui parlent fort et ne savent rien, pendant que les plateaux de soumission déroulent la novlangue et que la rue encaisse. Il est temps de remettre de la rigueur et de refuser le prêt-à-penser techniquement correct mais intellectuellement creux.