Tether achète massivement, tandis que Strategy s’effondre en Bourse

Les règles fiscales se durcissent, tandis que l’accumulation ne garantit plus la performance.

Sylvain Carrie

L'essentiel

  • Les actions de Strategy reculent d’environ 50 % en 2025 malgré un Nasdaq en hausse
  • Tether annonce un achat de 800 millions de dollars en Bitcoin pour débuter 2026
  • Les obligations de déclaration fiscale crypto s’étendent au Royaume‑Uni et dans plus de 40 pays

Premier jour de l’année, et r/CryptoCurrency ressemble moins à une tribu euphorique qu’à une salle de marché en plein sevrage. Entre institutions qui empilent les pièces et particuliers qui regardent les courbes avec lassitude, les discussions du jour exposent une dissociation nette entre accumulation et performance. Sur fond de cycles disputés et de régulation en marche forcée, la communauté se recadre.

Accumulation institutionnelle, performances dissonantes

Symbole de ce décalage, la chute des actions de Strategy sur six mois consécutifs, détaillée dans la discussion sur la dégringolade boursière de Strategy en 2025, tranche avec l’idée que l’accumulation de Bitcoin protège automatiquement la valorisation. Pas de rallye de soulagement, un Nasdaq en hausse, et une action qui s’enfonce: le récit « réserve de valeur = prix de l’action » se fissure sous la pression du temps.

"Maintenant imaginez Strategy pendant un long marché baissier avec un prix du Bitcoin sous 50 000 dollars..." - u/KIG45 (105 points)

Pendant ce temps, les acheteurs institutionnels ne coupent pas le moteur: l’annonce d’un achat massif de Bitcoin par Tether pour ouvrir 2026 remet l’accent sur l’accumulation systématique, tandis qu’un acteur asiatique intensifie sa stratégie via Metaplanet et son franchissement de la barre des 35 000 BTC. Sur un autre front, l’appétit s’étend à l’écosystème avec l’achat de 98 millions de dollars d’ether par BitMine, confirmant que la conviction institutionnelle n’est pas morte, mais qu’elle n’offre aucune garantie de performance boursière à court terme.

Cycles, illusions et discipline: la communauté se recadre

La bataille des narratifs reprend: certains remettent en cause les ritournelles du « cycle de quatre ans » à la lumière de l’année 2025 où Bitcoin a fini en baisse, tandis que d’autres défendent une normalité post‑halving. En toile de fond, l’ironie mordante de la culture crypto s’affiche dans un mème qui présente le « trader crypto » comme raccourci vers la richesse sans travail: un fantasme persistant que le marché adore démentir.

"Chercher des motifs dans des nombres aléatoires. Autant lire dans les feuilles de thé..." - u/Pal1_1 (82 points)

Le réalisme s’impose dans le fil sur la façon de se positionner face à une humeur au plus bas: rester exposé calmement, lisser ses entrées, ou s’écarter pour respirer. En bref, moins de promesses de lune, plus de discipline et de tolérance au temps.

"La plupart attendent que la crypto soit à ses plus hauts historiques avec une humeur positive pour acheter. On rate le bon moment par peur; ainsi, on ne fait jamais de profits..." - u/liviughg (82 points)

Surveillance et fiscalité: la normalisation du contrôle

La régulation passe à la vitesse supérieure avec l’entrée en vigueur des règles de déclaration fiscale crypto au Royaume‑Uni et dans plus de 40 pays, standardisant la collecte et le partage des données d’utilisateurs et de transactions. Le message est clair: transparence forcée, pénalités dissuasives, et une coopération transfrontalière qui installe une nouvelle norme.

"Nouvelle évidence: c’est un État de surveillance depuis longtemps. Vous donnez des données aux entreprises, elles les vendent à tout le monde, y compris au gouvernement; vos droits ne valent rien si l’État peut les piétiner quand il veut..." - u/n4spd2 (6 points)

Outre‑Atlantique, le débat se durcit autour des libertés financières avec les mises en garde contre l’identification numérique et les monnaies numériques de banque centrale, signe d’une tension croissante entre self‑custody et contrôle d’État. Dans ce contexte, les grâces présidentielles accordées à des figures crypto et l’arrière‑plan d’exploits records alimentent une politisation qui brouille les repères entre protection des consommateurs, justice, et opportunisme.

Questionner les consensus, c'est faire du journalisme. - Sylvain Carrie

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Sources